En effet Cendrillon passe de l’état d’enfant à l’état de femme, de souillon à princesse, tout comme la citrouille est transformée en carrosse ou “la souris aussitôt changée en un beau cheval”.
Cendrillon nous métamorphose, en nous proposant un voyage de l’ordinaire au merveilleux.
Une métamorphose interprétée par des artistes/corps : reliant la danse au théâtre, l’émotion à l’abstraction , la poésie vers l’émerveillement. Cette métamorphose permanente qui s’apparente à un recyclage artistique de tous les instants.
Cendrillon, entraînée dans le tourbillon du recyclage, ressortira en une oeuvre colorée et poétique, laissant transparaître une sensibilité et une curiosité frappant l’imaginaire des spectateurs de tous âges. Le rêve est notre seule possibilité de soutenir ce désir d’absolu.
Le conte de fée, avec ses fées et ses princesses, est un beau rêve.
” Un grand remue-ménage plastik et chorégraphiK à développement durable.
Utiliser ce que nous avons aujourd’hui pour un mieux-être demain. ”
Philippe Lafeuillle
—
Philippe Lafeuille n’est pas un artiste comme les autres.
Là où beaucoup ne verraient qu’un amas de déchets sans le moindre intérêt, lui décèle une beauté au potentiel inexploité, qui n’aspire qu’à être révélée. D’où sa tendresse pour l’héroïne du conte de Charles Perrault, cette petite souillon devenue princesse, qui se rend au bal dans une citrouille transformée en carrosse.
” Mais qu’est-ce que l’histoire de Cendrillon peut bien avoir en commun avec des bouteilles en plastique vides ?
La réponse de la fée marraine des chorégraphes sonne comme une évi/danse : la métamorphose, évidemment. Pendant plus d’une heure, accompagnés de la partition du ballet éponyme de Prokofiev, six danseurs polymorphes offrent à nos yeux ébahis leurs plastiques – littéralement, dans tous les sens et sous bien des formes – qui sont emportés dans un tourbillon coloré de transformations surréalistes. Sur le plateau de danse, transfiguré en décharge de toute beauté, imagination et émotion se partagent un règne sans rivales. Un recyclage plein de grâce, merveilleux et inclassable. ”
Antoine Moreau